Sociocritique

 

Théorie

Etant tributaire de ses conditions de production et d'existence, toute théorie critique doit songer à sa propre historicité.

Les conditions de production et d’existence   /   par In-Kyoung KIM

L’un des principaux moteurs de la sociocritique est celui du rapport au monde. Mettre l’accent sur la « socialité du texte », c’est pour C. Duchet rechercher le dialogue aussi bien  avec les sociologues de la littérature (surtout les goldmanniens) qu’avec les structuralistes ou les formalistes, mais sans jamais quitter les positions de la littérature. Il s’agit de concilier les deux perspectives ou plutôt de les réunir, de penser ensemble le social et le littéraire, socialité et littérarité.

Les conditions de production et d’existence : moment pré-/post- 68

On doit, pour mieux comprendre, replacer la sociocritique dans son temps d’émergence et de construction. Il faut rappeler les conditions dans lesquelles elle est née, car la naissance ne donne pas seulement une date, mais permet aussi de déterminer un lieu, une conjoncture et une histoire. La sociocritique a d’abord été tributaire des courants critiques littéraires de la fin des années 60. Rappelons les deux tendances dominantes de l’époque dans l’approche de l’œuvre littéraire : le « structuralisme » et « le romantisme révolutionnaire » , offensif et triomphant, combatif et flamboyant. Les deux sources ont été conjointes par la sociocritique : d’un côté, une sorte de critique utopique de la société et l’accent mis sur les valeurs critiques du romantisme, fussent-elles marginales, de l’autre, une manière de penser des totalités discursives, de se rendre intellectuellement maître des mots et des choses et de s’assurer une position hégémonique dans le domaine des sciences humaines.

Deux points saillants peuvent ici être mis en évidence : la conjoncture intellectuelle des années 60 change très vite. On assiste au triomphe simultané de la pensée marxiste, et du structuralisme . « L’ainsi nommée littérature », comme on disait volontiers, semble désormais ouverte à l’investigation, dès lors où sont déblayées les voies d’accès au « texte ». Les débats de l’époque concernant le domaine littéraire étaient à la fois vifs et fructueux.

Duchet et plusieurs jeunes chercheurs (situés du côté de la Nouvelle critique) redoutaient de se laisser enfermer dans le « système » du texte, théorie par le formalisme, tout en œuvrant, aux côtés des formalistes, à la critique de l’institution . En résumé, durant ces années-là, Duchet met en pratique la démarche de la sociocritique sans renoncer à l’exigence de la science du texte. Dès ce moment pour la sociocritique, les faits littéraires, les conditions de la réaction littéraire, ne relèvent pas d’abord ou uniquement de phénomènes individuels, mais sont de nature sociale. Pour la recherche littéraire trois constats sont déterminants : 1) les acquis structuraux ou formalistes donnent désormais « des moyens d’accès au texte littéraire », 2) l’institution maintient dans une dichotomie stérile l’histoire littéraire traditionnelle et la sociologie de la littérature 3) le marxisme est en pleine évolution  avec Louis Althusser en philosophie et Lucien Goldmann, notamment, en sociologie de la littérature.

Pour Duchet, d’accord en cela avec les « formalistes », l’une des grandes faiblesses méthodologiques de l’histoire littéraire traditionnelle est qu’elle mène à substituer la psychologie individuelle de l’écrivain ou l’étude de la signification sociologue à la littérature elle-même. Il constatait même chez les poéticiens un certain infléchissement de la méthodologie scientifique vers une nouvelle idéologie du texte autosuffisant, tantôt réinvestissant le sujet créateur de ses privilèges, tantôt l’écartant délibérément au nom d’un absolu du texte. De ce point de vue de la « socialité » les deux tendances étaient en fait convergentes, pour la maintenir en dehors de la théorie critique. La prise en compte du « social dans le texte » ne conduit cependant pas automatiquement à une « scientificité » significative, mais ouvre au moins quelques possibilités pour repérer  une dialectique entre le monde et le texte.

 

​Le manifest de la sociocritique   /   par In-Kyoung KIM

On rappellera tout d’abord le « manifeste »  de la sociocritique,   « Pour une socio-critique ou variations sur un incipit »[voir en pdf] (Claude Duchet) , article daté de 1971. En 30 ans a-t-il été répondu à ce « Pour » qui représentait, sinon un appel au peuple (celui des chercheurs et des lecteurs tout au moins) du moins un appel institutionnel pour qu’on aborde les textes en leur posant « leurs » questions plutôt que les nôtres ?

Notons également que Duchet parle, ici, d’une socio-critique et non de la sociocritique, celle-ci n’étant encore ni constituée ni lexicalisée. Montrait-il ainsi sa volonté de lancer un terme nouveau (ou qui pouvait sembler tel), mais sans fixer de dogme ? Ou tenait-il à souligner le caractère spécifique de sa démarche, en face de tous les analogues tentatives de la sociologie ? Les deux sans doute. Mais notons que le trait d’union met l’accent sur les deux enjeux, les deux termes forts du moment social et critique. D’autre part, dire « une » n’excluait pas d’autres concours, entre autres ceux de non-socio,  tandis que la sociocritique eût défini d’emblée un territoire exclusif et un domaine réservé. Le souci d’écoute, cette attention aux « ombres portées », nous paraissent toujours présents : la sociocritique ne souhaite pas devenir une somme dogmatique mais proposer un type de lecture où les questions qu’elle a pu formuler doivent demeurer vives. C’est ce qui est évoqué dans la conclusion de l’article de 1971 :

Voici des questions plus urgentes. Engagé dans un « procès de scientificité », n’ai-je point chargé mon texte d’une fausse science ? Ai-je échappé au dilemme de la critique, trop encline à s’enfermer dans son discours ou son objet ? Que serait la science des textes si elle ne nous remettait en possession du monde, à travers le lire et la parole humaine ? Lire pour voir clair, lire pour apprendre et s’apprendre... Consignons simplement ici, pour en revenir à l’innommé de notre phrase, le procès verbal d’une naissance : un personnage prend corps à partir de traces textuelles ; du dessous des mots émergent les contours d’un visage, et le silence du récit se fait paralysie de gestes, attitude, histoire déjà vécue. L’état textuel devient état civil. J’ai de la tendresse pour cet être de papier qui n’existe que par ma lecture, poussé trop vite et déjà affublé, précédé, escorté, livré à l’innocence cruelle de nos regards, et pour l’aventure qui lui est dès lors refusée.

Soulignons l’intérêt, réitéré, que, pour lui, présentait cette investigation de la « socialité du texte ».  Il est manifeste que ce type de recherches ne s’enferme pas dans une « science de la littérature », mais opère d’une façon plus subtile et plus problématique. Il s’agit bien de dépasser les oppositions entre la sociologie de la littérature et le structuralo-formalisme, tout en soulignant une possible complémentarité des deux apports.

Résumons-nous. L’article, fondateur, est important pour plusieurs raisons. 1. Il marque la date de naissance officielle de la sociocritique. Duchet y utilise pour la première fois le terme de « socio-critique », mais en faisant apparaître sa construction. 2. Il ouvre le premier numéro de Littérature, ce qui illustre bien l’ambition synthétique de la revue, mais comporte aussi quelque provocation. 3. Le titre entier « Pour une socio-critique ou variations sur un incipit » est très parlant ou suggestif. « Variations » a des échos valéryens (« variations sur un sujet ») – et l’on sait la place centrale que Valéry va occuper dans la poétique : le « sous-titre », faussement modeste, fonctionne à la connivence culturelle tout en laissant la place à l’improvisation, à l’invention, à l’essai, à la provocation, et l’ironie, ou la stratégie, est de « commencer » précisément par un incipit (ce qui en fait se révélera par la suite très exactement  topique). 4. Ajoutons pour mémoire que Littérature était la revue du département de français du « Centre expérimental de Vincennes » (aujourd’hui Paris 8) et occupait alors une place stratégique dans la refondation des études littéraires de la réorganisation universitaire(note).

Sans entrer dans le détail de l’argumentation, le souci commun de nombreux jeunes chercheurs est alors de pénétrer la structure des textes et leur organisation fonctionnelle, pour aborder les problèmes de la valeur :l’analyse linguistique, la textanalyse, et la sociocritique visent l’une la relation entre la langue et le texte, l’autre entre l’inconscient et le texte, la troisième entre le social et le texte.

note) Littérature, chez Larousse, consacre son premier numéro au thème « Littérature, idéologies, société ». Son comité de rédaction est formé par Jean Bellemin-Noël, Claude Duchet, Pierre Kuentz, Jean Levaillant, Henri Mitterand. La signature de cette présentation – des personnes et l’Université de Paris VIII (Vincennes) – est parlante et importante. Elle indique déjà le rapprochement de plusieurs disciplines. « Bien que l’équipe de Littérature ne soit pas vraiment homogène, elle a décidé de juxtaposer les divers points de vue possibles pour enrichir l’analyse littéraire. Cette revue exprime l’interdisciplinarité militante qui est celle du département des littéraires de Vincennes, non pas tant par la mise en œuvre de véritables programmes de recherches communs que par la variété des centres d’intérêt de chacun des participants à la revue »  (François Dosse).

 

La sociologie du texte   /   par In-Kyoung KIM

Le terrain était donc libre pour l’essor du « texte ». Le mot était à l’ordre du jour. Encore une ombre portée. De même pour l’idéologie, ou plus exactement l’inscription de l’idéologique dans le texte, aspect de sa socialité. Or pour la sociocritique, dès ce moment, il est impossible d’isoler dans le texte ce qui serait l’inscription de l’idéologie, mais il s’agit plutôt de distinguer dans le travail esthétique du texte sa production idéologique du sens que ce travail induit. En fait tout  dans le texte se tient : on n’a jamais affaire qu’à un seul texte et chaque texte a une façon spécifique d’inscrire en lui de l’idéologique, et de le produire. L’idéologique – la sociocritique préfère ce terme à celui d’idéologie(s) – est un aspect de la socialité, une de ses composantes, mais ne se confond pas avec elle. L’idéologique ne se résume pas à la socialité pas plus qu’il ne la résume. La socialité du texte peut et doit s’envisager en elle-même « à travers tous les ensembles et réseaux signifiants du roman » . Cela implique que la sociocritique va s’interroger sur les problèmes laissés de côté par le structuralisme, c’est-à-dire les questions d’histoire, de sujet, de référence et d’auteur. Et cette socialité, de densité différente selon les genres, donnerait une réponse à la spécificité du roman et la lecture « littéraire ». La sociocritique se définissait comme novation par rapport à la sociologie littéraire, elle entre désormais dans « l'épaisseur du texte » avec une perspective sociale. La question de « la socialité du texte » n’est pas réductible à la seule entrée « socialité », au sens sociologique du terme, ni les rappels de la socialité à l’idéologie, à l’imaginaire social du donné des « représentations », qui déjà peu définies au départ restent à éclaicir. Elle est présente à tous les niveaux d’étude. Pour la sociocritique, la socialité vise l’être social du texte. Il s’agit moins d’un emprunt que d’un transfert, d’une re-création, d’une recharge sémantique. La socialité est inséparable de la littérarité. Elle concerne donc non seulement le plan théorique mais aussi le plan méthodologique. La sociocritique innove en apportant méthodologiquement des propositions théoriques sur la façon dont le social vient au texte. Si la sociocritique se propose de découvrir « la socialité de l’œuvre, socialité du texte », c’est que pour elle le social se déploie dans le texte, y est inscrit. Car selon la définition de Duchet « la socialité n’est pas un donné mais un produit, l’effet d’une lecture active du social, de l’ensemble des paramètres du social » . Ce qui donne toute son ampleur à la fondation de la sociocritique dans laquelle Duchet voit « une rencontre pour un projet commun de disciplines qui ont élaboré chacune dans leur sens leur méthodologie propre : lexicologie, stylistique, sémantique, sémiologie... et aussi sociologie, histoire des idées ou des mentalités, psychanalyse, anthropologie... » . C’est une mise en commun d’informations et de méthodes. Elle opère à « l’intersection d’autres approches ». Il ajoute que la sociocritique se doit d’être militante, d’aller dans « le sens d’une sémiologie critique de l’idéologie, d’un déchiffrage du non-dit, des censures, des messages ». Il montre bien que la sociocritique ouvre la voie à une « sociologie du texte », structurale dans ses fondements.

 

Méthode

Durant les trente dernières années, la sociocritique a évolué en affinant ses méthodes et en élargissant ses perspectives à des ensembles textuels d'une certaine ampleur. Pour mieux faire comprendre la sociocritique ou plutôt pour présenter la richesse de la réflexion sociocritique, il nous semble nécessaire de  tenter de rendre compte des points de vue sociocritiques qui devraient nourrir l'approche critique.

​L'apparition des outils conceptuels sociocritiques   /   par In-Kyoung KIM

Le premier critère repérable est un changement du paysage intellectuel en France. Dans la deuxième moitié des années 1980 : « le structuralisme paraît avoir épuisé ses vertus fondatrices, si les acquis en subsistent, fortement institués ; le travail de l’inconscient, dans la relation de lecture comme dans l’acte d’écriture, mieux repéré et situé, s’offre à des investigations plus fécondes et conduit à des découvertes moins attendues ; l’analyse marxiste, marxienne ou marxisante, si elle demeure une référence (ailleurs plutôt qu’en France) s’est en général délestée de ses contraintes et de ses a priori d’origine » .

A partir des années 80, la sociocritique va donc chercher à définir le lieu spécifique du littéraire à travers trois nouveaux outils conceptuels dont elle usera désormais : le sociotexte, le co-texte, le sociogramme. En effet, les notions venues du structuralisme offrent un modèle trop contraignant qui ne permet pas de rendre compte de toutes les potentialités de l’œuvre. Il faut dissiper les ombres du structuralisme et diriger la réflexion vers une saisie plus dynamique du processus socio-esthétique. Duchet en arrive ainsi à proposer le concept de « sociotexte » (sans trait d’union), pour remplacer celui de texte, quitte à mettre « texte » entre guillemets quand il s’agit de la théorie du texte, élaborée en dehors de la sociocritique ; à forger le concept du « co-texte » (avec trait d’union), parallèlement au « contexte », décidément trop ambigu ; à inventer enfin le « sociogramme ».

A partir de là, on peut s’interroger à nouveau sur la référence – ou révérence ? – première au structuralisme. Je vois, de façon schématique, cinq horizons de questions.

De quel structuralisme s’agit-il ? Celui de la sociocritique est proche de celui de Goldmann : structuralisme génétique, c’est-à-dire dont les structures de base correspondent à une « vision du monde » (cf. Le Dieu caché ) et peuvent informer un programme narratif, un système actanciel, des complexes ou parcours thématiques. Les structures sont comme une archéologie du texte en rapport avec une organisation socioculturelle historiquement située.

Ce « structuralisme » n’est donc pas exactement celui des formalistes, puisqu’il concerne les (substances du) contenu(s) plus que les formes, et ne reprend pas leur théorie du texte (autosuffisant) . C’est souligner que la nécessaire enquête formelle ne doit pas s’enfermer dans les abstractions du formalisme, qu’il n’y a pas de « texte en soi ». Déboucher sur une forme (Duchet parle volontiers de forme-sens, avec Henri Meschonnic), c’est dégager un schéma qui rend compte d’une structure porteuse de sens, qui ne doit rien au hasard. L’établissement d’un schéma de structure n’est plus, dans ces conditions, une fin en soi, mais bien au contraire le point de départ d’autres interrogations qui, dépassant le cadre formel préalablement défini, nécessitent de faire appel à d’autres éléments, en particulier à des facteurs extra-textuels. Tout texte porte en lui les marques des conditions socio-historiques qui ont présidé à sa production et à ses lectures. La sociocritique cherche à déchiffrer ces marques et à lire, dans les textes littéraires, l’« activité sociogrammatique » pour dans le texte voir la socialité du texte. Cette affirmation, que Duchet a toujours soutenue jusqu'à maintenant, change le regard porté sur le texte.

Du structuralisme goldmannien la sociocritique garde la dialectique  du rapport au monde, l’idée de principes organisateurs des textes et celle de médiation (on le verra avec le concept de « co-texte »). Chez Goldmann, la conception dialectique se résume en trois points : 1) l’idée que l’on ne peut pas comprendre la structure sans la signification et la fonctionnalité car 2) toute structure a un caractère fonctionnel à l’intérieur de structures englobantes et en dernière instance à l’intérieur d’une vie humaine et 3) ce sont les hommes qui transforment les structures, créent les antagonismes, effectuent le passage d’une structure ancienne et dépassée à une structure nouvelle, fonctionnelle et significative. Il y a dans la conception hégélienne et marxiste de la structure deux idées fondamentales : celle du sujet transindividuel et celle de la genèse. Dans le structuralisme, tel qu’il se développe dans les années 60, et par rapport auquel la sociocritique a pris ses distances, le sujet disparaît.

Du structuralisme des poéticiens et narratologues, la sociocritique garde l’idée d’une autoréférentialité, d’une organisation signifiante du texte (« sociotexte ») et aussi la notion de valeur, valeur textuelle créée par un rapport de différences dans des ensembles textuels sémantiquement autonomes.

La sociocritique partira cependant plutôt de « configuration textuelle », d’« organisation sociogrammatique », que de structures. On ne peut pas récuser purement et simplement l’analyse structuraliste. Elle part d’un constat fondamental : celui de l’existence dans tous les domaines de structures objectives qui nous imposent bel et bien leur logique de fonctionnement, même si cette logique passe souvent inaperçue parce qu’il en va de la pesanteur sociale comme de la pesanteur physique (c’est son absence, et non sa présence, qui paraîtrait anormale). On ne saurait reprocher au structuralisme de voir ce qu’il voit. En revanche on peut critiquer le défaut de cette vision, son point aveugle, son non-vu. Ce que le structuralisme n’englobe pas dans sa vision c’est le processus génétique c’est-à-dire le processus de construction des structures considérées. Il prend le construit comme un donné et conçoit la structure comme un invariant, ignorant non seulement comment le « donné » s’est construit historiquement mais encore comment ce donné va lui-même contribuer à d’autres constructions, conditionner de nouvelles genèses qui elles-mêmes engendreront d’autres structures, et ainsi de suite.

L’ensemble notionnel de la sociocritique est-il aujourd’hui stabilisé ? Ainsi que l’écrit Patrice Pavis dans l’article « sociocritique », de son Dictionnaire du théâtre,

Comme sa sœur aînée, la sémiologie, la sociocritique risque fort de perdre toute spécificité, en intégrant inconsidérément les résultats de ses disciplines voisines sans prendre garde à l’inscription textuelle de ces données sociales.

La mise en garde est rude, mais judicieuse (même si elle ne pointe pas exactement sur la sociocritique qui nous occupe ici). En matière d’héritage ou d’emprunt la vigilance s’impose, et l’un des dangers dont la sociocritique doit se garder est celui d’un éclectisme technologique, ou d’un technicisme a-critique. Aussi ne saurait-on méconnaître « l’ombre portée » sur la sociocritique, dès son origine et maintenant encore, par l’outillage qu’elle a dû emprunter aux poéticiens, pour des raisons conjoncturelles, comme on l’a vu. « L’ombre portée » n’est pas en soi un défaut, mais elle alerte sur telle ou telle présence (y compris sur son ombre propre). Ces présences peuvent aussi bien égarer que garder. Ou encore, peut-on impunément importer, emprunter une terminologie élaborée à d’autres usages ? J’essaierai de répondre à cette difficulté à partir de ma propre expérience, liée à mes recherches sur « le sociogramme du bourgeois ».

Je rappellerai toutefois qu’on ne doit, ni ne peut traiter la sociocritique comme un ensemble conceptuel avancé, préformé, qui s’élaborerait peu à peu comme parole de vérité. Il appartient aux utilisateurs de régler la marche, d’adapter des principes aux chantiers nouveaux, de déceler insuffisances, les failles, les manques, les points aveugles de mesurer la résistance de leurs objets à l’investigation qu’en propose la sociocritique, en son état actuel. La méthodologie que  suppose et pratique, la sociocritique écarte toute théorie établie a priori.

​Du texte au sociotexte   /   par In-Kyoung KIM

En passant du texte au sociotexte on ne peut faire l’économie du « texte », d’une définition du texte, en ses multiples avatars, de part et d’autre des années 70. C’est un terme qui a trop vécu, et trop produit pour être employé innocemment, même en de nouvelles forgeries. Le mot engendre une ambiguïté permanente, une question récurrente. Alors que dans la période post- 68 tout semblait annoncer que Duchet et ses amis chercheraient à incorporer la  sociocritique à la théorie littéraire antérieure, on voit peu à peu la sociocritique prendre ses distances à l’égard de la poétique instituée, en même temps que Duchet songe à de nouveaux alliés, du côté de la réflexion institutionnelle ou même de la sociologie des champs : « il se peut qu'une analyse plus institutionnelle soit plus pertinente pour rendre compte de certains ensembles considérés comme des systèmes littéraires ou pour développer tel ou tel point de l’analyse sociale des textes, mais sans pour autant changer la théorie du texte » .

Mais s’il fallait justement changer la théorie du texte ? Et n’est-ce pas ce que propose le recours au concept de sociotexte, ouvertement substitué à celui de texte, sans pour autant renoncer à ce dernier ? La situation conjoncturelle de la sociocritique dans les dernières années du siècle est très différente de ce qu’elle était en 70 et 80 et exige sans doute à de tels éclaircissements ; elle oblige en tout cas à insister sur la rupture qu’entend marquer la sociocritique et son aspect novateur. Il n’est pas inutile ici de revenir au point de départ, où l’on insistait bien sur toutes les ambiguïtés de la situation, mais, notons-le, sans mettre en question la notion – sinon le concept – de texte.

La socio-critique n’a pas la prétention d’inventer le texte. Mais trop de commentaires sociologiques, ou d’analyses marxistes d’inspiration philosophique, esthétique ou politique ont jusqu’ici traversé le texte pour s’établir au-delà et considérer le statut externe des œuvres. Cela en raison de leur visée, mais faute aussi de techniques spécifiques. Et d’autre part la théorie du reflet, le concept du typique, entre autres, une insuffisante exploration des idéologies et de la nature du signifié littéraire ont figé la recherche marxiste. Le livre de Macherey a marqué un tournant et, plus récemment, les deux colloques de Cluny, les recherches d’Henri Meschonnic, par exemple, et celles de quelques groupes qui travaillent avec des instruments mieux adaptés, ont modifié sensiblement la situation. A l’opposé, certains “ textologues ” se sont pris au piège de l’auto-engendrement du texte, causa sui, jusqu’à supprimer la notion même d’entre-deux.

Significativement cet élément essentiel (par quoi s’insère toute la problématique des médiations) se trouve rejeté en note. Tout se passe comme si, dès cette époque, Duchet avait bel et bien l’intention d’inventer sa théorie du texte, pour donner des fondements labiles à la sociocritique. Il n’en reste pas moins que le terme reste encombrant voyant dans le nouveau syntagme, bien avant d’être expérimenté : le sociotexte ne me paraît pas avoir réglé tous ses comptes avec le texte. Duchet avouait à Patrick Maurus, dans des Entretiens, qu’il déplorait « le fait qu'à se servir impunément de la théorie du texte des autres, on compromettait l'avenir de la sociocritique » . Il y a plus, relativement à l’imprécision de certaines définitions, employées dans l’urgence, mais qui, justement, font de l’ombre. Ainsi, « le fait de raisonner (aujourd'hui encore) en fonction d'une certaine approche de l'ainsi nommée littérature, alors qu'il n'y a rien de plus mouvant que cet objet littérature » . On considérait en fait à l'époque que la littérature était une chose existante, constituée, moins susceptible d'évolution (si ce n’est pour se détruire) que de classification (ou même de « distinction(s) »). C’était, par consensus implicite, plus un patrimoine, une culture, qu’un processus en perpétuel mouvement.

Faut-il rappeler que le discours critique n’est jamais innocent ? En 1974 Roland Barthes, lui-même, tente de qualifier la notion de « texte ». Celle-ci a d’abord eu « une sorte de valeur polémique, usée […] Cela dit, je ne crois pas qu’actuellement, on puisse espérer donner une définition du mot texte, parce que l’on retomberait alors sous le coup d’une critique philosophique de la définition. Je crois qu’actuellement cette notion de texte ne peut s’approcher que métaphoriquement, c’est-à-dire qu’on peut faire circuler, énumérer, et inventer, aussi richement que possible, des métaphores autour du texte (encore que Julia Kristeva ait été très loin dans la définition conceptuelle du texte, par rapport à la langue) » .

Quoi qu’il en soit, Duchet hésite manifestement à substituer « sociotexte » à « texte », sans doute  par crainte d’être mal compris et d’être acusé à son tour de réductionnisme. Un compromis sera trouvé. Le retour de « sociotexte » (sans trait d’union) à la fin des années 1980 est désormais accompagné de l’apparition d’un terme nouveau (pour lui), celui de sociogramme. Dès lors le « texte » peut être défini comme ce qui résulte d’une activité sociogrammatique et le mot peut demeurer, par commodité, mais dans une nouvelle acception. En 1978, Roger Fayolle s’exprime ainsi en parlant de la sociocritique : « Mais qu’est-ce que le texte ? La sociocritique ne le considère ni comme structure d’énoncés ni comme structuration de sujets abstraitement individualisés et coupés de toute existence sociale. Elle retient surtout son mode d’être social, et Duchet suggère le terme de “socio-texte” pour désigner la façon dont les textes donnent à lire et à vivre le social » . Mais, notons-le, sociotexte ne correspond pas tout à fait à socio-texte. Le terme était cependant repris dès 1976 dans l’article « Le trou des bouches noires. Parole, société, révolution dans Germinal » , il visait alors à rendre compte de la situation de communication établie par le roman, par l’intermédiaire d’un « sociotexte ». En 1977 enfin Duchet le définit dans sa thèse d’Etat comme le « texte considéré dans son mode d’être social, dans sa socialité propre, différente pour chaque œuvre, la socialité étant envisagée comme une singularité caractéristique » .

Le plus significatif, je crois, sera la problématisation puis l’abandon progressif du « hors-texte », qui « n’est pas l’en-dehors du texte mais un espace de reconnaissance, sinon de connivence, entre le texte et le lecteur » , et qui va permettre à la production du sens de pouvoir se négocier, se gérer. Tous les éléments du sociotexte se trouvent ainsi engagés dans la production d’effets référenciels (avec un c), trajets qui vont du référent textuel à la référence . Le sociotexte se voulait-il polémique ? L’ombre portée prend ici un autre sens puisque c’est le texte « éclairé » par l’ombre portée du social et du lecteur. On peut donc dire maintenant que « la notion de sociotexte proposée comme alternative au texte » n’est pas le « Texte ». Ainsi, la sociocritique tend à « élaborer une théorie du texte qui lui soit propre » . D’où la nécessité de nouveaux concepts, le co-texte et le sociogramme, qui peuvent être un système de représentation des ensembles mouvants.

Du contexte au co-texte   /   par In-Kyoung KIM

Avec l’article « La manœuvre du bélier. Texte, intertexte et idéologie dans L’Espoir » sous le titre « The objet-event of the rams’s charge : an ideologie reading of an image » qui paraît dans une revue américaine  en 1980, Duchet amorce un tournant. Depuis ce moment-là, sa théorie suppose le sociogramme actuel, plus peut-être qu’elle ne le définit. Mais cet article ne paraît en France – avec quelques modifications – qu’en 1986 dans la Revue des sciences humaines. Il est significatif que les basculements dans l’emploi des notions de la critique littéraire se soient effectués sur le terrain de l’« intertexte » et de l’« idéologie ». La date de cette publication en version française et son sujet (Malraux, auteur du XXe siècle) sont tributaires de la condition des sciences humaines au milieu des années 1980. D’un côté, la confusion des langages théoriques autour d’une certaine idée de l’intertextualité, comme le signale à juste titre M. Angenot, montre aussi « un bouillonnement des idées, une dynamique polémique des recherches » et « une tendance à l’entropie, à l’amalgame, au syncrétisme sans principe, à l’anaxiologie » , et d’un autre côté, on assiste aux effets d’une désidéologisation relative. La volonté perceptible de donner de l’importance au rapport entre le texte, l’idéologie et l’intertexte est peut-être ici révélatrice de la possibilité pour la critique d’aborder une étape nouvelle. En effet, l’objet visé par la sociocritique est engagé dans un processus de communication, il est en situation d’intertextualité et d’interdiscursivité et participe aux « mouvances des idéologies et à leur élaboration, il suppose qu’on puisse établir des niveaux, des parcours et des positions du sens ». Duchet précise que le social nommé se reflète pas dans le texte, mais s’y reproduit, activement. L’« idéologique est un produit du social, un de ses modes d’existence, mais ne constitue pas tout le social », et il suffira de montrer « pourquoi toute explication par l’idéologique seul, toute théorisation qui s’en tiendrait à ce niveau, paraît insuffisante, et risque à la limite d’être mystificatrice, idéologique précisément » . En effet, l’idée d’une intertextualité fictionnelle, introduite par M. Bakhtine et J. Kristeva, revêt une importance particulière pour la sociocritique. La notion d’intertextualité peut conceptualiser le rapport entre le texte et son contexte.

Dans cette perspective, l’intertextualité interne et externe contribue à rendre compte de la spécificité, de la singularité d’un texte. Cependant cette notion ne permet pas de dévoiler la valeur textuelle au sens sociocritique. Effectuer une lecture sociocritique, poursuit Duchet, cela « revient, en quelque sorte, à ouvrir l’œuvre du dedans, à reconnaître ou à produire un espace conflictuel où le projet créateur se heurte à des résistances, à l’épaisseur d’un déjà-là, aux contraintes d’un déjà-fait, aux codes et aux modèles socioculturels, aux exigences de la demande sociale, aux dispositifs institutionnels ». Et dans la mesure où Bakhtine suppose la prise en considération de la spécificité esthétique en tant que circularité culturelle, les propos de Duchet ouvrent à une « poétique de la socialité » comme  partie intégrante d’une analyse interdiscursive et interculturelle en tant qu’activité sociogrammatique. La notion de « co-texte » doit intervenir ici et rendre opératoire pour la critique littéraire.

Distinguée du « contexte », qui maintient la frontière entre le texte et le réel, le « co-texte » se définit comme la région située entre le jeu formel des relations internes et l’extra-texte, tout en formant un réseau de relations propres, il baigne dans le social et reste perméable aux références venues du dehors, non pas seulement au sens où il emprunterait des éléments de la réalité, mais plutôt au sens où il mobilise à ses frontières des références (ce que l’auteur a vu ou a lu), des énoncés, des formations idéologiques qu’il remodèle.

Enfin, Duchet définira plus récemment le co-texte comme :

"le lieu d’élaboration des figures sociogrammatiques (la ville, la gloire, le hasard, la guerre, le poète...), et donc le point de départ de l’activité qui irradie le “ texte ” lui-même. Par conséquent le co-texte appartient à la fois au texte et à l’espace référenciel (avec un c), c’est-à-dire à l’espace des références (mais déjà sélectionnées, distribuées, opératoires), qui est aussi bien celui de la lecture que de l’écriture. Le co-texte est tout ce qui tient au texte, fait corps avec lui, ce qui vient avec lui (quand on lui arrache du sens)."

Bref, si l’on appelle co-texte, d’une façon plus large, ce qui se dessine autour du texte, comme un espace de connivence et de lisibilité, on dira que le co-texte n’est quant à lui, jamais déchiffré directement par le texte. Autrement dit, il n’y a pas de rapport transparent entre le texte et le contexte. Tout lecteur, comme tout narrateur, lit et produit à travers un espace de médiations qui tend à fixer le sens, à travers des grilles culturelles, ce que Duchet appelle un « sociogramme ».

Inventer le sociogamme   /   par In-Kyoung KIM

Inventer le sociogamme pour mobiliser nos lectures : des microstructures aux macrostructures

Pour illustrer la nécessité de l’invention du sociogramme, rappelons le bilan dressé par  Duchet à la fin des années 80 pour noter les points paraissent acquis : « la relative autonomie du textuel, la complexité des instances médiatrices entre la littérature et son co-texte socio-historique, la problématisation du littéraire même, la perception de l’idéologique comme textualité  active et non plus comme fausse conscience, la prise en compte enfin de tout ce qui n’advient que par le langage, sur l’une et l’autre scène. Il se pourrait enfin que nulle discipline ou méthode ne s’aventure désormais [1988] à vouloir totaliser, non plus qu’à se vouloir totalitaire » . La pratique sociocritique, opérant à la fois sur le texte, sur l’histoire, et sur l’idéologie, ne tend cependant pas à finaliser la totalisation de l’œuvre. C'est plutôt là une nécessité qui naît du mouvement et des exigences du travail théorique. S'il est difficile de dire exactement quand Duchet a forgé le concept de sociogramme, en revanche on connaît bien les raisons qui l’y ont poussé.

La dénomination est tardive dans ses travaux : il employait d’abord le mot « diagramme » (la notion vient de Peirce), en l’étendant à « l’organisation topologique de discours sociaux (présents ou désignés dans un texte), où les images comptent moins que leurs relations, ou les relations de leurs éléments » . Ce diagramme est parfois confondu avec celui de « configuration ». Or ce dernier terme de Paul Ricœur est réservé à l’espace du texte proprement dit, terme qui n’est pas pertinent quand il s’agit de montrer les modalités d’inscription du social, les traces du social dans une certaine organisation textuelle. Il faut inventer le nouveau concept du sociogramme(voir le fichier composé de 8 pièces en powerpoint) qui prend place dans un ensemble bien balisé par le sociotexte et le co-texte.

Voici donc la définition du « sociogramme » de Claude Duchet, notion-clé de la sociocritique pour penser tensions ou conflits entre des représentations historiquement attestées :

"Ensemble flou, instable, conflictuel, aléatoire de représentations partielles, en interaction les unes avec les autres... gravitant autour d’un noyau lui-même conflictuel",  

On le voit, l’essentiel du concept « sociogramme » provient de son rapprochement avec « ensemble flou » emprunté à la philosophie mathématique, à l’idée/image de réseau (connexions, liaisons, arborescence), à laquelle le développement technologique a sûrement contribué (par le détour des banques de données de la lexicologie et des concordances).

Le concept nous paraît fondamental car il permet pour la première fois, et ce, en tenant compte de l’apport de la poétique et de la sémiotique, un véritable travail sur et dans la médiation. Le sociogramme est une concrétisation, une actualisation de l’imaginaire social dans son indécidabilité même. « Ensemble flou, instable », pour montrer à la fois l’incertitude des contours et la plasticité du sociogramme qui ne cesse de se transformer, par précipitation au sens chimique du terme, laissant des résidus du type « cliché », « doxa », « stéréotype », ou par adjonction de nouveaux éléments, par déplacement, bref par évolution d’une structure ouverte. « Conflictuel », oscillant entre deux pôles d’opposition. Toute formation discursive est ainsi aux prises avec des sociogrammes en face desquels, dans lesquels, à propos desquels elle va travailler. Le sociogramme supposerait-il ainsi nécessairement et logiquement le passage de la microstruture à la macrostructure Duchet s’efforce de mettre à jour les opérateurs sociogrammatiques qui ont assuré la coalescence d’un texte et d’un co-texte qui fondent ce sociotexte. Ce stade nous permettra d’étudier « la textualisation à la fois comme élaboration d’un objet esthétique et comme travail sur les sociogrammes que le co-texte a retenus, et que le sociotexte redistribue selon des configurations spécifiques » .

Le texte ne s’en tient pas à la référence pure, il nous donne à co-textualiser et nous oblige à mobiliser nos lectures et nos propres références pour le construire ou le reconstruire. L’étude du « trajet de l’information [trace] à la valeur » ou du va-et-vient de l’une à l’autre permet d’aborder la question de la valeur en tenant compte de la notion de co-texte, et de découvrir l’articulation entre la sociocritique et cette question. En effet, le trinôme de l’information [trace], du signe [indice], et de la valeur est très important pour comprendre la méthodologie sociocritique. Tout au long des travaux de Duchet, on devine son souci qu’a Duchet d’éclairer le « trajet de l’information [trace] à la valeur » . Les notions de sa théorie, que l’on retrouve dans les définitions de l’« information », du « signe » ou « indice », et de la « valeur », constituent chez lui un postulat central. Selon Isabelle Tournier, « l’hypothèse serait ici que la valeur textuelle dépend de la capacité du texte à produire plusieurs co-textes possibles, c’est-à-dire à ne pas se laisser épuiser par ou dans sa co-textualisation originelle » , alors que pour Antoine Compagnon, « la valeur littéraire ne peut pas être fondée théoriquement : c’est une limite de la théorie, non de la littérature » . La sociocritique, quant elle, a pour enjeu « ce qui est en œuvre dans le texte, soit un rapport au monde (...) C’est dans la spécificité esthétique même, la dimension valeur des textes, que la sociocritique s’efforce de lire cette présence des œuvres au monde qu’elle appelle leur socialité » .

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Bibliographie

Références autour de la sociocritique    /   par In-Kyoung KIM

“La sociocritique, avec Claude Duchet”, <Tire ta langue> (le dimanche de 12h à 12h30), émission par Antoine Perraud de la France culture. http://www.franceculture.fr/emission-tire-ta-langue-la-sociocritique-2012-03-04


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“Sociocritique”, rédigé par Claude Duchet et Isabelle Tournier, dans le Dictionnaire universel des littératures, publié sous la direction de Béatrice Didier, vol. 3, Paris, PUF, 1994, p. 3571-3573. 


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Travaux sociocritiques de Claude Duchet    /   par In-Kyoung KIM

Articles, éditions et ouvrages

1962

1. « Autour du "Dormeur du val" de Rimbaud », Revue d’Histoire littéraire de la France, 62e année, n° 3, juillet-septembre 1962, p. 371-380.

2. «Musset et la politique. Formation des idées et des thèmes : 1823-1833 », Revue des Sciences humaines, n° 108, octobre-décembre 1962, p. 515-549.

1964

3. «Un Machiavel de l’an V ou la morale de l’histoire », préface à La Dot de Suzette de Joseph Fievée [1798], Union générale d’éditions, «10/18 », 1964, p. 7-40. [Nouvelle version de la préface à La Dot de Suzette de Joseph Fievée, nouvelle édition, Desjonquères, 1990.]

4. La Dot de Suzette [Fiévée, Joseph] ou Histoire de Mme de Senneterre racontée par elle-même, précédé de Un Machiavel de l'an V ou la Morale de l'histoire, Union générale d'éditions (Saint-Amand, impr. Bussière), 1964.

1965

5. «George Sand et l’armée en 1848. Quatre lettres inédites », Revue d’Histoire littéraire de la France ; 65e année, n° 1, janvier-mars 1965, p. 78-91. [En collaboration avec Michel Launay]

6. «Un libraire libéral sous l’Empire et la Restauration : du nouveau sur Royal », Revue d’Histoire littéraire de la France, 65e année, n° 3, juillet-septembre 1965, p. 485-493.

1967

7. « Victor Hugo et l’âge d’homme [Cromwell et sa préface] », dans les Oeuvres complètes de Victor Hugo publiées sous la direction de Jean Massin, Club français du livre, tome III, volume 1, 1967, p. 5-38.

1968

8. « Préface » à La Confession d’un enfant du siècle d’Alfred de Musset, textes établis, notes et relevés de variantes par Maurice Allem, Garnier, « Classiques Garnier », 1968, LIV-345 p.

9. « L’image de Sade à l’époque romantique », Le Marquis de Sade, publié par « Centre aixois d’études et de recherches Sur le dix-huitième siècle », Armand Colin, 1968, p. 219-240.

10. Alfred de Musset. La Confession d'un enfant du siècle, préface par Claude Duchet, textes établis, notes et relevé de variantes par Maurice Allem, Garnier frères, 1968. [Edition augmentée d'une nouvelle préface et d'un sommaire biographique]

1969

11. « Introduction » à Racisme et société, Maspero, « Textes à l’appui », 1969, p. 7-14. [En collaboration avec Patrice de Comarmond]

12. « Le problème noir aux États-Unis », Racisme et société, Maspero, « Textes à l’appui », 1969, p. 17-55. [Chapitre signé par «Arnaud Durban, avec la collaboration de P. Martin, P. Minvielle, C. Duchet ».] 

13. Racisme et société, en collaboration avec Patrice de Comarmond, Maspero (« Textes à l’appui »), 1969.

14. « Apartheid et assimilation en Afrique australe », Racisme et société, Maspero, « Textes à l’appui », 1969, p. 56-82. [Chapitre signé par «Arnaud Durban, avec la collaboration de P. de Comarmond et C. Duchet »]

15. « Théâtre, histoire et politique sous la Restauration », Romantisme et politique, publications de la Société d’Histoire littéraire de la France Armand Colin, 1969, p. 281-302. [Colloque de la Société d’histoire littéraire de la France des 21-23 avril 1966]

16. « Roman et objets : l’exemple de Madame Bovary », Europe, 47e année, n° 485-487, colloque de Rouen des 25-28 avril 1969 pour le centenaire de L’Education sentimentale, septembre-novembre 1969, p. 172-201. [Réédition dans le volume collectif Travail de Flaubert, Seuil («Points »), 1983, p. 11-43]

17. « Un poète dans la société : Alfred de Musset », Revue des travaux de l’Académie des sciences morales et politiques, 1re semestre, 1969 [1970], p.95-105. [Communication prononcée à l’Académie des sciences morales et politiques en février 1969]

1970

18. La Curée d’Émile Zola (avec une chronologie et une bibliographie), Flammarion, «G.-F.», 1970.

19. « Préface » à La Curée d’Émile Zola (avec une chronologie et une bibliographie), Flammarion, « GF », 1970, p. 7-35.

20. « La lexicologie au service de l’histoire et de la critique littéraires », Revue d’Histoire littéraire de la France, 70e année, n° 5-6, septembre-décembre 1970, p. 810-818. [En collaboration avec Michel Launay]

1971-1972

21. « Pour une socio-critique ou variations sur un incipit », Littérature, n° 1, février 1971, p. 5-14.

21 a. « Pour une socio-critique ou variations sur un incipit », reproduction en fac-similé dans Littérature du monde entier, Séoul, 1983.

21 b. « Pour une socio-critique ou variations sur un incipit », Le Social et le littéraire, anthologie préparée par Jacques Pelletier, «Les Cahiers du département d’études littéraires », n° 2, Université du Québec à Montréal, 1984, p. 245-255. [Reproduction partielle]

21 c. « Para una socio-critica o variaciones sobre un incipit », Sociocriticas practicas textuales/Cultura de fronteras, anthologie préparée par M. Pierrette Malcuzynski, Amsterdam/Atlanta, Rodopi, 1991, p. 29-41. [Trad. Espagnole par Katarzyna Urbanska]

22. Histoire littéraire de la France (1789-1848), coordination avec Pierre Barbéris, tome IV, Éditions Sociales, 1972, 2 volumes. [Réédition, Messidor/Éditions Sociales, 1987, 1 volume de 1260 p.] 

23.  Histoire littéraire de la France (1789-1848), coordination avec Pierre Barbéris, tome IV, Éditions Sociales, 1972, 2 volumes. [Réédition, Messidor/Éditions Sociales, 1987, 1 volume de 1260 p.]

24. « La sociocritique », Dossiers pédagogiques de la RTS [radio-télévision scolaire], n° 1, 1971-1972, p. 35-38. [En collaboration avec Henri Mitterand, Fiches d’accompagnement d’émissions radiophoniques consacrées par l’OFRATEM à des essais de lecture et d’analyse littéraire]

24 a. « Qu’est-ce que la sociocritique ? », Le Français aujourd’hui, supplément au n° 26, mai 1974, 5 p.

25. « Avant-propos », (p. 11-13) et coordination, avec Pierre Barbéris, du tome IV (1) de l’Histoire littéraire de la France (1789-1848), Éditions Sociales, 1972, 2 volumes. [Réédition Messidor/Éditions Sociales, 1987, 1 volume de 1260 p.]

26. « Alfred de Musset », chapitre LI du tome IV (2) de l’Histoire littéraire de la France (1789-1848), Éditions Sociales, 1972, p. 78-98. [Réédition Messidor/Éditions Sociales, 1987, p. 746-766].

27. « Le feu et l’or dans La Curée », Les Critiques de notre temps et Zola, anthologie présentée par Colette Becker, Garnier, 1972, p. 114-117. [Reproduction partielle de la préface à La Curée d’Émile Zola, « GF », 1970]

28. « La sociocritique. Questions sur un personnage : Tebaldeo et les valeurs [Lorenzaccio, acte II, scène 2] », Dossiers pédagogiques de la RTS [radio-télévision scolaire], tome II, français, 1972-1973, p. 101-103. [« Fiches d’accompagnement » d’émissions radiophoniques consacrées par l’OFRATEM à des essais de lecture et d’analyse littéraire]

28 a. « La sociocritique. Questions sur un personnage : Tebaldeo et les valeurs [Lorenzaccio, acte II, scène 2] », Le Français aujourd’hui, supplément au n° 25, mars 1974. [Republication des fiches d’accompagnement parues dans les Dossiers pédagogiques de la RTS [radio-télévision scolaire] en 1972-1973]

29. « Idéologie de la mise en texte : ouverture de Germinal », Dossiers pédagogiques de la RTS [radio-télévision scolaire], tome II, français, 1972-1973, p. 104-107. «Fiches d’accompagnement » d’émissions radiophoniques consacrées par l’OFRATEM à des essais de lecture et d’analyse littéraire.

29 a. « Idéologie de la mise en texte : Ouverture de Germinal », Le Français aujourd’hui, supplément au n° 25, mars 1974.

1973

30. « Réflexions sur les rapports du roman et de la société », Roman et société, publications de la Société d’Histoire littéraire de la France, Armand Colin, 1973, p.63-73. [Colloque de la Société d’histoire littéraire de la France du 6 novembre 1971]

31. « Aspects du "discours social" dans Madame Bovary », Journée de travail sur Madame Bovary, Société des Etudes Romantiques, Nizet, 1973, p.67-71. [Journée de travail de la Société des Études Romantiques à l’École Normale Supérieure le 3 février 1973]

32. « Une écriture de la socialité », Poétique, n° 16, 1973, p. 446-454.

33. « La Saint-Barthélémy : de la «scène historique» au drame romantique », Revue d’Histoire littéraire de la France, 73e année, n° 5, septembre-octobre 1973, p. 845-851.

34. « La Fille abandonnée et La Bête humaine. éléments de titrologie romanesque », Littérature, n° 12, décembre 1973, p. 49-73.

1974

35. « Le monde et le texte dans les premières phrases des Rougon-Macquart », Dossiers pédagogiques de la RTS, I, français, 1er et second cycles, 1973-1974, p. 49-59.

36. « Avant-propos » de Le Réel et le texte, Centre de recherches dix-neuviémistes de l’Université de Lille III , Armand Colin, 1974, p. 7-9. [Publication des travaux du Centre d’études romantiques de Lille de 1968 à 1970] 

37. Le Réel et le texte, Centre de recherches dix-neuviémistes de l'Université de Lille III, A. Colin (« Etudes romantiques »), 1974. [Recueil de textes, la plupart présentés au Centre d’études romantiques de Lille, 1968-1970.]

1975

38. « Signifiance et in-signifîance : le discours italique dans Madame Bovary », La Production du sens chez Flaubert, Union générale d’éditions, «10/18 », 1975, p. 358-378. [Discussion : p. 378-394, Colloque de Cerisy du 21 au 28 juin 1974]

39. « Le projet sociocritique : problèmes et perspectives », introduction à La Lecture Sociocritique du texte romanesque, Toronto, S. Stevens, Hackkert and Co., 1975, 4 p. [Colloque de Toronto de novembre 1972]

40.  « Corps et société : le réseau des mains dans Madame Bovary », La Lecture sociocritique du texte romanesque, Toronto, S. Stevens, Hackkert and Co., 1975, p. 217-237. [Colloque de Toronto de novembre 1972]

41. « L’illusion historique. L’enseignement des préfaces (1815-1832) », Revue d’Histoire littéraire de la France, 75e année, n° 2-3, mars-juin 1975, p 245-267.

1976

42. « Discours social et texte italique dans Madame Bovary », Langages de Flaubert, Minard (« Lettres Modernes »), 1976, p. 143-169. [Colloque de London (Ontario, Canada) de 1973]

43. « Le trou des bouches noires. Parole, société, révolution dans Germinal », Littérature, n° 24, décembre 1976, p. 11-39.

1977

44.  « Introduction » (p. 7-10) et coordination du tome V de l’Histoire littéraire de la France (1848-1913), Éditions Sociales, 1977. [Réédition Messidor/Éditions Sociales, 1987, 1 volume de 814 p.]

45. « Bibliographie » du tome V de l’Histoire littéraire de la France (1848-1913), Éditions Sociales, 1977. [Réédition, Messidor/Éditions Sociales, 1987, p. 707-774.] 

46.  Pour une sociocritique : perspectives sociologiques et idéologiques sur la littérature française au XIXe siècle, thèse de doctorat d’Etat sur un ensemble de travaux, 4 fascicules en deux volumes, Unicversité de Paris III, 1977.

1978

47. « Une dramaturgie de la parole », Alfred de Musset. « Les Caprices de Marianne », « Lorenzaccio », Publications de la Société des Études Romantiques, Faculté des Lettres, Clermont-Ferrand, 1978, p. 49-62. [Journée d’études organisée par la Société des Etudes Romantiques] 

48. « Théâtre et sociocritique : la crise de la parole dans deux pièces de Musset », Sociocritique, «Nathan-Université », Nathan, 1979, p. 147-156. [Nouvelle version de «Une dramaturgie de la parole »]

49.  « Comment écrire l’histoire de la littérature ? », Les Nouvelles littéraires, n° 2619, 19 janvier 1978, p. 6-7. [Débat avec Roland Desné, Claude Duchet, Claude Pichois et Robert Mauzi. Propos recueillis par Claude Bonnefoy]

1979

50.  « Positions et perspectives », introduction à Sociocritique, Nathan («Nathan-Université »), 1979, p. 3-8. 

50 a. « Positions et perspectives », Le Social et le littéraire, anthologie préparée par Jacques Pelletier, « Les Cahiers du département d’études littéraires », n° 2, Université du Québec à Montréal, 1984, p. 239-244. [Reproduction partielle de l’introduction au volume Sociocritique]

51. « Éléments de bibliographie », Sociocritique, Nathan («Nathan-Université »), 1979, p. 219-221.

52.  « Présentation » de Balzac et «La Peau de chagrin », SEDES, 1979, p.7-10.

53. « La mise en texte du social », Balzac et "La Peau de chagrin", SEDES, 1979, p.79-92.

54. « L’épisode auvergnat de La Peau de chagrin », Nouvelles lectures de "La Peau de chagrin", Centre de recherches révolutionnaires et romantiques, Faculté des Lettres, Clermont-Ferrand, 1979, p. 180-191. [Colloque de l’École Normale Supérieure des 20-21 janvier 1979]

55. « Sur une édition et deux romans de Victor Hugo [Notre-Dame de Paris, éd. J. Seebacher ; Les Travailleurs de la mer, éd. Y. Gohin] », Revue d’Histoire littéraire de la France, 79e année, n° 5, septembre-octobre 1979, p. 824-834. [En collaboration avec Guy Rosa]

56.  Balzac et La Peau de chagrin,  Société d'édition d'enseignement supérieur, 1979.

57. Balzac et "La Peau de chagrin", études réunies par Claude Duchet, SEDES/CDU, 1979.

58. Sociocritique, Nathan («Nathan-Université »), 1979. [Colloque organisé par l’Université de Paris 8 et New York University, 1977]

1980

59. « Écriture et désécriture de l’histoire dans Bouvard et Pécuchet », Flaubert à l’œuvre Flammarion («Textes et manuscrits »), 1980, p. 105-133.

60. « La partie immergée de l’iceberg », dans «Le Monde des livres », cahier littéraire du quotidien Le Monde, vendredi 25 avril 1980, p, 22.

61. « Flaubert, premier lecteur de Sade », La Quinzaine littéraire, n° 324, 1er-15 mai 1980, p. 13-15.

62. « Idéologie de la mise en texte », La Pensée, n° 215, octobre 1980, p. 95-107.

63. « Enjeux idéologiques de la mise en texte », dans «Littérature, Enseignement, Société. I. Lire le texte littéraire », Revue de l’Université de Bruxelles, 1979-3/4, p. 316-332.

64. « The object-event of the rams’s charge : an ideological reading of an image », Yale French Studies, n°59, 1980, p. 155-174. [Trad. angl. par Ellen Evans et Wendy Greenberg]

1982

65. « Balzac : l’invention du roman », présentation de Balzac. L’invention du roman, Belfond, 1982, p. 11-14. [En collaboration avec Jacques Neefs. Colloque de Cerisy du 30 juin au 10 juillet 1980] 

66. Balzac, l’invention du roman, (en collaboration avec Jacques Neefs éditeurs, colloque international de Cerisy-la-Salle 1980), P. Belfond, 1982.

1983

67. « Entretien sur la sociocritique » avec Patrick Maurus enregistré à Saignon en août 1983, dans Littérature du monde entier, Séoul, 1983.

1984

68. « Aspects et fonctions de la parodie chez les «petits-romantiques» », Le Singe à la porte. Vers une ironie de la parodie, New York/Berne/Francfort, Peter Lang, 1984, p. 135-142. [Colloque de Kingston (Ontario) du 8 au octobre 1981]

69. « L’écriture de jeunesse dans le texte flaubertien », Nineteenth Century French Studies, vol. XII, n° 3, printemps 1984, p. 297-312.

1985

70. «Notes inachevées sur l’inachèvement », Leçons d’écriture. Ce que disent les manuscrits. Hommage à Louis Hay, Minard (« Lectures Modernes »), 1985, p.241-255.

1986

71. « La différence génétique dans l’édition du texte flaubertien », Gustave Flaubert II, Minard (« Lettres modernes »), 1986, p. 193-206.

72. « A propos des Chouans : le lieu, le moment, l’origine », Vendée, chouannerie, littérature, Presses de l’Université d’Angers, 1986 p.343-346. [Colloque d’Angers des 12-15 décembre 1985]

73. « D’un texte l’autre » [préface], Émile Zola. La Fabrique de Germinal, Colette Becker, C.D.U./SEDES, 1986, p. I-III.

74. « La manoeuvre du bélier. Texte, intertexte et idéologies dans L’Espoir », Revue des Sciences humaines, n° 204 « Ecrivains dans la guerre », 1986-4, p. 107-131. [Nouvelle version, revue, de l’article paru dans Yale French Studies]

1988

75. « Pathologie de la ville Zolienne », Du visible à l’invisible : pour Max Milner, tome 1 : Mettre en images, donner en spectacle, Corti, 1988, p. 83-96.

76. « Sade dans Flaubert », Le Magazine littéraire, n° 250, février 1988, p. 38-40. 1991

77. « Une dramaturgie de la parole », Textuel, U.E.R. « Sciences des Textes et Documents », Université Paris VII, n° 8, février 1991, p. 133-143. [Nouvelle version, avec de légères modifications de «Théâtre et sociocritique : la crise de la parole dans deux pièces de Musset »]

78. L'Exotisme, (en collaboration avec Alain Buisine, Norbert Dodille), actes du colloque de Saint-Denis de la Réunion (7-11 mars 1988, organisé par le CRLH et le CIRAOI), Université de la Réunion, diff. Didier-Érudition, 1988.

1992

79. « Compter pour conter », dans Mesure(s) du livre, sous la direction d’Alain Vaillant, éd. de la Bibliothèque Nationale, 1992, p. 99-106. [Colloque de Paris des 25-26 mai 1989]

1993

80. « Avertissement quasi littéraire », Balzac, Œuvres complètes. Le « Moment » de La Comédie humaine, PUV, 1993, p. 9-18. [En collaboration avec Isabelle Tournier]

81. « Présentation », La Recherche littéraire. Objets et méthodes, colloque du CCIFQ, Paris/Montréal, PUV/XYZ éditeur, 1993. [En collaboration avec Stéphane Vachon, réédition et nouvelle préface, revue, corrigée et augmentée, 1998.]

82. Balzac, Œuvres complètes. Le «Moment » de La Comédie humaine, (en collaboration avec Isabelle Tournier), PUV (« L’Imaginaire du texte »), 1993. 

83. La Recherche littéraire. Objets et méthodes, co-direction avec Stéphane Vachon, colloque du CCIFQ, Paris/Montréal, Presses universitaires de Vincennes/XYZ éditeur, 1993. [Réédition et nouvelle préface, revue, corrigée et augmentée, 1998]

1994

84. « Sociocritique et génétique : entretien avec Anne Herschberg Pierrot et Jacques Neefs », Génésis enjeux critiques, n° 6, 1994, p. 117-127.

85. « Sociocritique », Dictionnaire universel des littératures, publié sous la direction de Béatrice Didier, vol. 3, PUF, 1994, p. 3571-3573. [En collaboration avec Isabelle Tournier]

1995

86. « La sociocritique dans l’histoire littéraire », dans Revue d’Histoire littéraire de la France, Colloque du centenaire, n° suppl. 1995, p. 179-184.

1996

87. « Propos de synthèse », dans Ecrire la pauvreté, colloque international de sociocritique septembre 1993, textes réunis et présentés par Michel Biron et Pierre Popovic, Toronto, Editions du Gref, 1996, p. 377-383.

88. « Fins, finition, finalité, infinitude », Genèses des fins. De Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge, PUV (« Manuscrits modernes »), 1996, p. 5-25. [En collaboration avec Isabelle Tournier]

89. Genèses des fins. De Balzac à Beckett, de Michelet à Ponge (en collaboration avec Isabelle Tournier), PUV (« Manuscrits modernes »), 1996.

1997

90. « Le Journal des Goncourt ou la terreur dans les lettres », Les Frères Goncourt : Art et écriture, édition préparée par Jean-Louis Cabanès, Presses universitaires de Bordeaux, 1997, p. 115-135. 

1999

91. « De A à Z, Balzac, faiseur de noms », Magazine littéraire, «Balzac », n° 373, février 1999, p. 48-51.

92. « Le "siècle" dans le siècle » [« Propos d’avant » avec I. Tournier, et « Des maux et des mots »], dans L’Invention du XIXe siècle. Le XIXe siècle par lui-même (littérature, histoire, société), textes réunis et publiés par A. Corbin, P. Georgel, S. Guégan, S. Michaud, M. Milner et N. Savy, Klincksieck/Presses de la Sorbonne nouvelle, « Bibliothèque du XIXe siècle », 1999, p. 57-88.

93. Bibliographie du XIXe siècle. Lettres. Arts. Sciences. Histoire. Année 1998 (en collaboration avec Florence de Chalonge), SEDES, 1999.

94. Cédérom Explorer La Comédie humaine, Groupe international de recherche balzacienne, responsable scientifique, avec Nicole Mozet et Isabelle Tournier, Acamédia, , 1999.

2000 -

95.  Bibliographie du XIXe siècle. Lettres. Arts. Sciences. Histoire. Année 1999 (en collaboration avec In-Kyoung Kim et Dominique Pety), SEDES, 2000

96. « Flaubert à contre-siècle, ou "quelque chose de blanc" », Magazine littéraire, «Flaubert », n° 401, septembre 2001, p.20-22.

97. « Bibliographie du dix-neuvième siècle ?» entretiens avec Romantisme, Romantisme, n° 114, 2001-4, p.105-108.

98. Bibliographie du XIXe siècle. Lettres. Arts. Sciences. Histoire. Année 2000 (en collaboration avec In-Kyoung Kim et Dominique Pety), SEDES, 2001.

99.  Bibliographie du XIXe siècle. Lettres. Arts. Sciences. Histoire. Année 2001 (en collaboration avec Dominique Pety), SEDES, 2002.

100. Bibliographie du XIXe siècle. Lettres. Arts. Sciences. Histoire. Année 2002 (en collaboration Dominique Pety), SEDES, 2003.

 

Revues

 

1. « Littérature », présentation du premier numéro de Littérature, février 1971, p. 3-4. [En collaboration avec Jean Bellemin-Noël, Pierre Kuentz et Jean Levaillant]

2. « Du bon usage de Flaubert », présentation de «Modernité de Flaubert », littérature, n° 15, octobre 1974, p. 3-4.

3. « Introduction : socio-criticism », présentation de « Socio-criticism », Sub-Stance, n° 15, Madison (Wisconsin, É U.), 1976, p. 2-5. [En collaboration avec Française Gaillard, trad. angl. Par Carl R. Lovitt]

4. [Présentation] de « Mythes et représentations de la femme », Romantisme, n° 13-14, 1976-3/4, p. 3.

5. « Du bourgeois majuscule », présentation de «Le bourgeois », Romantisme, n° 17-18, 1977-3/4, p. 3-5.

6. « Présentation » de «Le(s) positivisme(s) », Romantisme, n° 21-22, 1978-3/4, p.3-4.

7. « Liminaire [sur le "roman balzacien, défi déraisonnable aux lois informulées du genre"]», présentation de « Honoré de Balzac », Revue des Sciences humaines, n° 175, 1979-3, p.5-6.

8. [Présentation] de « Mille huit cent trente », Romantisme, n° 28-29, 1980-2/3, p. 5-6.

9. « Institution ou institutions ? », présentation de « L’institution littéraire I », Littérature, n° 42, mai 1981, p. 3.

10. [Présentation, article signé « Littérature ».] de « L’institution littéraire II », Littérature, n° 44, décembre 1981, p. 3.

11. « Présentation » de « Écrivains et artistes en 1830 », dossier publié dans Romantisme, n° 39, 1983-1, p. 3 et p. 151-179.

12. « Quelques paradoxes du livre », présentation de « Le livre et ses images », Romantisme, n° 43, 1984-1, p. 3-4.

13. [Présentation] de  « Le livre et ses mythes », Romantisme, n° 44, 1984-2, p. 3.

14. [Présentation] de « Le livre et ses lectures », Romantisme, n° 47, 1985-1, p. 3-4.

15. « L’artiste en questions », présentation de « Etre artiste », Romantisme, n° 54, 1986-4, p. 3-4.

16. [Présentation] de « L’artiste, l’écrivain, le poète », Romantisme, n° 55, 1987-1, p. 3.

17. « Liminaire », présentation de « Recherches québécoises », Littérature, n° 66, mai l987, p. 2. [Article non signé]

18. « Présentation » de « Médiations du social », Littérature, n° 70, mai 1988 p. 3-4.

19. « Présentation » de « Femmes écrites », Romantisme, n° 63, 1989-1, p. 3.

20. « Présentation » de « Folie de l’art », Romantisme, n° 66, 1989-4, p. 3-4.

21. « Vingt ans après », présentation de « Panorama », Romantisme, n° 72, 1991-2, p. 3-4. « La ville-siècle » de « La ville et son paysage » (en collaboration avec P. Hamon.), Romantisme, n° 83,  1994-1, p.1-4.

22. « Du cent à la une », avant-propos de « Le grand homme » (préparé par M. Agulhon et M. Milner, Romantisme, n° 100,  1998, p. 3-6.

23. « Le Québec, et après...? », présentation de « La Littérature au Québec », Littérature, n° 113, mars 1999, p. 3-4.

 

Analyse

La sociocritique ne souhaite pas devenir une somme dogmatique mais proposer un type de lecture où les questions qu’elle a pu formuler doivent demeurer vives.

Approche co-textuelle1 : sociocritique du bilatéral    /   par In-Kyoung KIM

In-Kyoung Kim

Du mot “ bilatéral ”, je soulignerai d’abord qu’il s’agit, à l’époque, d’un terme tout à fait nouveau, de ceux précisément dont Balzac, joueur de mots, se plaît à faire sa pâture romancière. Le TLF ne l’atteste, d’après Boiste, qu’en 1829. Gallica  n’offre pour lui que six documents, dont trois de Balzac, et le tout récent cédérom Balzac d’Acamédia , n’en livre que quatre occurrences dans La Comédie humaine, dont celle qui va nous occuper :

"En littérature, chaque idée a son envers et son endroit ; et personne ne peut prendre sur lui d’affirmer quel est l’envers : tout est bilatéral dans le domaine de la pensée. [...] Rousseau, dans La Nouvelle Héloïse, a écrit une lettre pour et une lettre contre le duel, oserais-tu prendre sur toi de déterminer sa véritable opinion ? [...] La critique doit contempler les œuvres sous tous leurs aspects."  

On voit comment Balzac détourne ici à son usage l’emploi juridique  ou technique attesté par ailleurs (ce qui engage également les deux parties, ou, est réparti également des deux côtés). En fait le mot glisse au métalangage, et voilà pourquoi il est placé en quelque sorte sous le signe de Janus, et comme attiré par lui. Dans Petites misères de la vie conjugale Balzac écrit qu’“ Un homme, non écrivain, car il y a bien des hommes dans un écrivain, un auteur donc, doit ressembler à Janus : voir en avant et en arrière, se faire rapporteur, découvrir toutes les faces d’une idée, passer alternativement dans l’âme d’Alceste et dans celle de Philinte, ne pas tout dire et néanmoins tout savoir, ne jamais ennuyer, et... N’achevons pas ce programme, autrement nous dirions tout, et ce serait effrayant pour tous ceux qui réfléchissent aux conditions de la littérature. ”  Ce Janus est donc à la fois pour Balzac la figure de l’œuvre et celle de l’écrivain et sa métaphore s’applique bien à Lucien dans Illusions perdues : “ Te voilà à cheval sur nous et sur les autres, lui dit l’un des rédacteurs inconnus à Lucien, tu deviens Janus... ” . Mais ces énoncés fictionnels peuvent aussi s’interpréter comme énoncés métadiscursifs (littérature/journalisme, génie poétique/réalité économique, pensée/action).

Une question se pose inévitablement : le point de vue du bilatéral balzacien n’exclut-il ou au moins n’excède-t-il pas de facto la lecture de l’envers ? Le mot même de “ bilatéral ” choisi par Balzac ne restreint-il pas l’idée sous-jacente d’une saisie multiple (“ toutes les faces ”). Pour l’instant, je ne chercherai pas à y répondre de manière trop abstraite. J’y reviendrai en conclusion. Avant toute étude, je ferai une remarque : considérer un endroit et un envers peut impliquer que l’envers vaut l’endroit et signifier que l’unité naît de la contradiction. Dans une démarche moins dialectique, cela peut signifier aussi qu’en toutes choses, il faut considérer, successivement, les deux faces : celle qui est offerte aux regards et celle qui est celée. Mon hypothèse est que, dans La Comédie humaine, le plus souvent les deux faces d’un objet (une image, un personnage etc.), fussent-elles opposées, contradictoires voire conflictuelles, sont présentées simultanément. Il ne m’apparaît pas qu’une face puisse être qualifiée d’envers seulement dans la mesure où elle serait “ cachée ”. Par conséquent, j’examinerai avec les outils sociocritiques, et en ne pariant ni pour l’envers ni pour l’endroit, la “ bilatéralité ” d’une figure-clé de la représentation romanesque, celle du Bourgeois.

Je voudrais donc amorcer, dans mon exposé, un examen sociocritique du bilatéral, sur deux plans différents : tout d’abord, sur le plan descriptif, j’essaierai de préciser en quoi le bilatéral balzacien diffère d’un simple système d’oppositions binaires. Sur le plan théorique, ensuite, pour bien comprendre le processus spécifique du texte et poser quelques questions de méthode, je tenterai de trouver des bases pour construire l’ensemble de la représentation du Bourgeois balzacien, en m’interrogeant sur “ le sociogramme ”, susceptible, selon moi, de rendre compte de la labilité de sa représentation. Je m’en tiendrai donc ici plus précisément à l’examen du bourgeois pensé dans une tension créatrice par opposition à l’artiste, à des degrés divers, pour analyser la représentation dans le jeu esthético-idéologique.

Le choix de La Maison du chat-qui-pelote, de Pierre Grassou et de La Rabouilleuse, parmi les textes balzaciens qui soulèvent la question du bourgeois et de l’artiste dans la société française du XIXe siècle, peut paraître arbitraire. Dans La Maison du chat-qui-pelote (paru en 1830), Pierre Grassou (paru en 1840) et La Rabouilleuse (paru en feuilleton en 1841 et 1842), particulièrement, on assiste en effet à une association pour le moins inattendue entre le monde du bourgeois et le monde de l’artiste. Même si ces trois textes présentent de grandes différences, en termes d’ampleur, de visée, de conditions de production, ils renferment, en fait, dans leur diversité, la plupart des postures (problématiques) du couple “ bourgeois/artiste ”.  

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Approche co-textuelle 2 : Balzac et le temps   /   par In-Kyoung KIM